La Chine envisage de produire de l’énergie renouvelable en exploitant les rayons du soleil bien au-delà de notre atmosphère.

Quelque part entre « Moonraker » et « Goldeneye », quand la réalité dépasse la fiction : les Chinois développent un projet que les méchants de James Bond ne renieraient pas. Pas question ici de détruire le monde, mais plutôt de conquérir l’espace pour y produire de l’énergie solaire.

Car même si la Chine reste de loin le pire pollueur de la planète, le pays développe massivement les énergies renouvelables : avec 23% de la production mondiale (soit 3% du mix énergétique local seulement), il est ainsi le plus gros producteur d’énergie photovoltaïque. Seulement, produire ce type d’électricité propre demande de la place, beaucoup de place : il y a deux ans, la plus grande ferme solaire de l’époque inaugurée dans l’Empire du Milieu occupait 27 km2 et comptait plus de 4 millions de panneaux. Difficile, avec une telle emprise au sol, d’imaginer alimenter le monde entier en énergie solaire. Reste une option : l’espace. Et cela tombe bien, la Chine est entrée tout récemment dans le cercle des puissances spatiales, en envoyant en janvier dernier un module lunaire se poser pour la première fois sur la face cachée de notre satellite.

L’appétit vient en mangeant, dit-on : d’ici 3 à 6 ans, les scientifiques locaux espèrent construire et envoyer de mini-centrales électriques solaires à 36 000 km d’altitude. Déployés au-delà de notre atmosphère, les panneaux solaires de ces unités de production profiteront à plein du rayonnement pour produire une électricité 100% renouvelable, qui serait acheminée sur Terre via micro-ondes. Suivraient alors, à l’horizon 2030, une installation d’au moins un mégawatt, puis, vers 2050, une nouvelle centrale d’un gigawatt minimum.

Toutefois, d’un poids estimé à plus de 1000 tonnes, ces puissantes centrales seraient directement construites en orbite grâce à des imprimantes 3D, et assemblées sur place par une armée de robots. Malgré les apparences, ces projections ne relèvent pas de la science-fiction, puisqu’elles ont été publiées le plus officiellement du monde dans une revue scientifique chinoise, et pourraient indiquer à l’Humanité la marche à suivre pour, enfin, cesser de polluer notre environnement : regarder vers les étoiles.

Mais au fait, cela ne vous rappelle rien ? Il y a 9 ans, l’agence spatiale japonaise JAXA imaginait un projet de voile solaire, et MarcelGreen.com en parlait déjà… Ca ne nous rajeunit pas, tout ça.

Photo : NASAJohnson/Flickr/CC